Lors de son intervention devant le Conseil National de la Transition (CNT) le samedi 8 novembre, le ministre du Budget, Facinet Sylla, a présenté le projet de loi de finances pour 2025 en soulignant les progrès significatifs observés dans la mobilisation des ressources internes de la Guinée.
Des résultats marquants dans la mobilisation des recettes
En moins de quatre années, le niveau des recettes publiques est passé d’environ 3,5 milliards à plus de 5 milliards de dollars. Une performance notable, attribuée à une série de réformes structurelles importantes et à un engagement politique fort du gouvernement.
Parmi les mesures mises en place : la digitalisation des procédures fiscales et douanières, qui a permis de réduire les interventions humaines et d’accroître la transparence. Le ministre a par ailleurs souligné que la lutte contre la corruption, notamment via la création d’organismes dédiés, renforce la crédibilité du système.
Vers une souveraineté économique assumée
Le ministre a également évoqué la stratégie de souveraineté économique portée par le chef de l’État. Il a affirmé que la Guinée vise désormais à financer ses propres échéances démocratiques — législatives et présidentielles — sans recourir à l’aide extérieure.
« Pas d’indépendance vraie sans souveraineté économique », a-t-il déclaré, précisant que l’État avait procédé à des indemnisations et offert certains services d’état civil gratuitement, uniquement à partir des ressources internes.
Reconnaissance des agents des finances publiques
Saluant l’engagement des cadres et agents des régies financières, M. Sylla les a qualifiés de « soldats de l’économie nationale ». Une manière de valoriser leur rôle au cœur de ce redressement fiscal et financier.
Focus sur les mines et sur la fiscalité informelle
Sur le secteur minier, le ministre a admis que le suivi des passifs et du contrôle des flux de matières premières restait une préoccupation centrale. Il a annoncé que la Guinée allait renforcer ses dispositifs internes pour mieux contrôler la qualité et la destination des minerais exportés.
Concernant la fiscalité, l’un des défis majeurs reste le secteur informel. Le gouvernement envisage de rapprocher davantage ce secteur des services fiscaux, d’élargir l’assiette et de taxer progressivement les plateformes numériques afin d’augmenter les recettes et de réduire les exonérations excessives.