Depuis près d’un mois, Aliou Bah, leader du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), est détenu à la maison centrale de Conakry. Accusé d’offense et de diffamation envers le chef de l’État, il a été condamné à deux ans de prison par le tribunal correctionnel de Kaloum. Cette décision, perçue comme injuste et arbitraire par de nombreux acteurs sociopolitiques et défenseurs des droits humains, a provoqué l’indignation du MoDeL. Ce samedi 25 janvier 2025, les militants du parti ont organisé un sit-in à leur siège de Nongo (commune de Lambanyi) pour exprimer leur mécontentement,
Une mobilisation pour dénoncer l’injustice
Moïse Diawara, porte-parole du MoDeL, a expliqué les raisons de cette mobilisation :
« Ce sit-in vise à dénoncer les pratiques qui affaiblissent notre démocratie en Guinée. Nous l’avions annoncé la semaine dernière et nous maintenons notre position. Bien que nous soyons un parti légaliste et pacifique, nous sommes également déterminés à résister contre l’injustice. C’est pourquoi nous avons organisé cette action au siège du parti, où vous avez pu constater une forte mobilisation. Nos discours ont mis l’accent sur la dénonciation de l’instrumentalisation de la justice et sur la revendication de la libération immédiate de tous les détenus injustement incarcérés. »
Une mobilisation inclusive et unitaire
Le sit-in a rassemblé non seulement les militants du MoDeL, mais aussi des sympathisants, des acteurs de la société civile et des responsables de divers partis politiques. Moïse Diawara a souligné l’importance de cette inclusivité :
« Aujourd’hui, les victimes d’injustice ne se limitent pas au MoDeL. Les injustices sont présentes à tous les niveaux. C’est pourquoi vous avez vu des familles de victimes, des membres de la société civile et des leaders politiques de tous horizons. L’objectif du MoDeL est de rassembler ces forces pour former un front uni contre les mauvaises pratiques qui se développent dans notre pays. »
Prudence sur la procédure judiciaire
Interrogé sur le procès en appel d’Aliou Bah, Moïse Diawara est resté mesuré :
« En tant que porte-parole, je préfère ne pas commenter la procédure judiciaire à ce stade. Nos avocats s’en occupent et informeront l’opinion publique nationale et internationale en temps voulu. »
La détermination du MoDeL
Le porte-parole a toutefois confirmé que le parti poursuivrait ses actions :
« Les sit-ins et autres initiatives se poursuivront. Nous nous organisons pour mener à bien toutes les actions prévues dans le cadre de la dénonciation de cette injustice et de l’instrumentalisation de la justice guinéenne. Notre calendrier sera déroulé de manière progressive et stratégique. »
Un appel à la justice et à la démocratie
Pendant le sit-in, les participants ont scandé des slogans tels que « Libérez Aliou Bah », appelant à la démocratie, au respect des droits humains et à une justice indépendante. Ils ont exhorté les autorités guinéennes à garantir les principes fondamentaux de l’État de droit.
À l’heure actuelle, aucune déclaration officielle n’a été faite par les autorités concernant cette affaire. Cependant, les militants du MoDeL affirment qu’ils continueront leurs actions jusqu’à l’obtention d’une réponse favorable.